Que faire si vous êtes témoin de violence basée sur le genre?
Être témoin de violence basée sur le genre peut être inquiétant et créer un sentiment d’impuissance. Il n’est pas toujours facile de savoir comment agir sans aggraver la situation. Être capable d’intervenir de manière responsable face à une situation de violence basée sur le genre peut vous aider à réagir de façon réfléchie et sécuritaire. Cela peut aussi contribuer à protéger une personne en danger.
publié le 19 mai 2026
Au Canada, les lois peuvent être différentes.
Sélectionnez les régions qui vous intéressent.
Ne voir aucune particularité
Comment reconnaître une situation de violence basée sur le genre?
La violence basée sur le genre, c’est quand une personne subit des gestes ou des comportements violents, de contrôle ou de pression à cause de son sexe ou de son identité de genre.
Elle peut prendre plusieurs formes. Par exemple :
-
Violence conjugale (exemple : une personne se fait isoler de sa famille ou bousculer par sa conjointe ou son conjoint);
-
Violence physique (exemple : une personne se fait pousser ou priver de sommeil);
-
Violence familiale (exemple : une personne se fait insulter ou humilier par un membre de sa famille);
-
Violence psychologique (exemple : une personne se fait menacer ou dévaloriser);
-
Contrôle coercitif (exemple : une personne se fait obliger de donner sa localisation en tout temps);
-
Agressivité passive (exemple : une personne se fait ignorer ou oublier volontairement).
Elle peut également se produire dans différences circonstances. Cela peut être :
-
en ligne;
-
dans un lieu public;
-
au travail ou à l’école.
Vous pouvez être témoin de violence basée sur le genre de plusieurs façons et dans différentes circonstances. Il n’est pas nécessaire que vous ayez vu la violence. Vous êtes témoin dès qu’une personne se confie à vous.
Même si vous n’êtes pas certaine ou certain que la situation soit de la violence basée sur le genre, un malaise face à celle-ci est un signe à ne pas ignorer.
Avez-vous une obligation légale d’agir?
Dans la plupart des cas, vous n’avez pas l’obligation d’agir ou de signaler la situation de violence basée sur le genre. Toutefois, agir de façon sécuritaire ou signaler une situation préoccupante peut contribuer à protéger une personne en danger et à prévenir l’escalade de la violence. Même de petits gestes, comme offrir du soutien, documenter certains faits ou contacter des ressources appropriées, peuvent faire une différence.
Il est important de noter que vous avez l’obligation d’agir ou de signaler la violence basée sur le genre dans certaines situations. Par exemple :
-
si une ou un enfant est concerné·e;
-
si vous faites partie d’un milieu professionnel réglementé (par exemple, une ou un médecin a une obligation déontologique et non légale de porter assistance (sauf au Québec où l’obligation est légale));
-
vous êtes au Québec.
Les règles peuvent varier selon votre province ou votre territoire.
Dans diverses provinces et territoires au Canada, des lois du bon samaritain existent pour protéger juridiquement une personne qui porte secours à une personne en détresse. Ces lois encouragent l’aide, mais n’imposent pas toujours une obligation d’intervenir.
Certaines actions peuvent vous rendre complice de violence basée sur le genre et entraîner votre responsabilité légale.
Vous pouvez vous rendre complice si vous :
-
aidez à camoufler ou cacher un crime;
-
détruisez ou falsifiez des preuves;
-
mentez aux autorités.
Ces comportements peuvent entraîner des conséquences criminelles.
Comment intervenir en toute sécurité ?
Il existe des mesures que vous pouvez prendre afin d’intervenir sans compromettre votre propre sécurité.
Cet article utilise le terme « personne survivante » de violence au lieu de « victime » de violence pour reconnaître leur pouvoir d’agir et renforcer leur autonomie.
Vous pouvez intervenir et aider une personne à mettre fin à une situation de violence basée sur le genre de plusieurs manières :
-
Si c’est sécuritaire, dites à l’agresseuse ou à l’agresseur que la situation est inacceptable et d’arrêter ses actions.
-
Créez une diversion ou une interruption pour permettre à la personne survivante de s’éloigner de la situation.
-
Écoutez la personne survivante dans un endroit calme et sécuritaire.
-
Soutenez la personne survivante sans jugement. Évitez qu’elle se sente seule ou isolée.
-
Orientez la personne survivante vers des ressources si elle se sent prête.
-
Dénoncez la situation. Vous pouvez parler avec une personne de confiance, des ressources ou la police.
Si votre sécurité ou la sécurité d’une autre personne est menacée, appelez immédiatement le 911 ou visitez un poste de police.
Intervenir directement auprès de l'agresseuse ou l'agresseur peut parfois aggraver le risque pour vous et la personne survivante. Il n’y a pas de méthode unique sécuritaire dans toutes les situations.
Que faire après avoir été témoin de violence basée sur le genre ?
Documenter la violence
Si une personne vous confie qu’elle a subi de la violence basée sur le genre, vous pouvez lui suggérer de documenter la violence qu’elle a vécue. En tant que témoin, vous pouvez également documenter ce que vous avez vu ou entendu.
Signaler la situation à la police
Vous pouvez appeler ou vous rendre à un poste de police local afin de signaler la violence. Un signalement ne mène pas automatiquement à une arrestation, mais c’est une étape importante vers la protection des personnes survivantes.
Témoigner dans un procès
Si une cause se rend devant un tribunal, on pourrait vous demander de témoigner sur la violence dont vous avez été témoin.
Un témoignage consiste à :
-
expliquer ce que vous avez vu ou entendu;
-
répondre aux questions en disant la vérité (sous serment);
-
aider le tribunal à comprendre les faits et à prendre sa décision.
Il existe des ressources d’accompagnement pour vous aider à comprendre le processus judiciaire.