Qu’est-ce que le contrôle coercitif ?
Le contrôle coercitif c’est lorsqu’une personne souhaite contrôler et dominer sa ou son partenaire pour limiter son indépendance. Ce n’est pas seulement un incident isolé, mais un ensemble de comportements abusifs à travers la relation du couple. Le contrôle coercitif peut prendre plusieurs formes :
-
surveiller les déplacements, les communications ou les activités de sa ou son partenaire ;
-
isoler sa ou son partenaire de sa famille et de ses ami·es ;
-
contrôler son argent ou son accès à des ressources essentielles ;
-
le menacer, l’intimider ou l’humilier ;
-
lui imposer des règles concernant, par exemple, son téléphone, ses réseaux sociaux ou ses déplacements;
-
contrôler son apparence physique ou ses vêtements ;
-
utiliser les enfants pour exercer une pression ou maintenir le contrôle ;
-
punir ou menacer sa ou son partenaire lorsqu’il tente d’être plus autonome.
Pris ensemble, ces comportements peuvent limiter progressivement l’autonomie de la personne et créer une dynamique de contrôle.
Saviez-vous que : la violence physique peut faire partie du contrôle coercitif, mais ce n’est pas toujours le cas. Une personne peut subir de l’abus dans sa relation sans avoir de blessures physiques ou visibles.
Voici quelques mythes à déconstruire
Mythe 1 : Le contrôle coercitif dans une relation est évident.
Le contrôle coercitif dans une relation n’est pas facile à identifier. Certains comportements peuvent sembler banals lorsqu’ils sont pris individuellement, mais devenir préoccupants lorsqu’ils s’inscrivent dans une dynamique de contrôle. Ces comportements subtils causent des dommages psychologiques ou émotionnels.
Exemple : Sadah veut sortir avec une amie. Son conjoint lui dit qu’elle est libre d’y aller, mais lui demande constamment où elle sera et à quelle heure elle rentrera. À son retour à la maison, il reproche à Sadah de l’avoir fait attendre et lui fait sentir qu’elle ne pense pas assez à lui. Avec le temps, Sadah commence à éviter de sortir pour ne pas provoquer sa réaction. Cette situation peut être une forme de contrôle coercitif : les réactions de son conjoint l’amènent peu à peu à changer ses comportements et ses choix.
Mythe 2 : Si la personne avait vraiment peur, elle partirait.
Une personne qui subit du contrôle coercitif ne quitte pas nécessairement sa relation, même lorsqu’elle a peur.
Avec le temps, le contrôle coercitif fragilise l’autonomie d’une personne survivante et sa capacité à :
-
faire ses propres choix ;
-
développer et maintenir des relations ;
-
gérer ses finances ;
-
vivre et se déplacer librement.
Quitter une relation dans laquelle il y a du contrôle coercitif peut présenter des risques. La personne peut craindre des représailles, avoir des ressources financières limitées, être dépendante de son partenaire ou s’inquiéter pour ses enfants.
Il est donc important de ne pas présumer qu’une personne qui reste dans une relation accepte la situation ou n’en subit pas les conséquences.
Mythe 3 : Un conflit avec votre partenaire, c’est du contrôle coercitif.
Un conflit avec votre partenaire n’est pas automatiquement du contrôle coercitif.
Dans un conflit, les personnes peuvent être en désaccord, exprimer leurs besoins et chercher ensemble une solution. Le contrôle coercitif repose plutôt sur une dynamique de contrôle ou de domination qui limite l’autonomie d’une personne.
Il faut donc regarder l’ensemble de la situation et le contexte dans lequel les comportements se produisent.
Exemple : Omar et Nika se chicanent parce que Omar dépense beaucoup d’argent en jeux vidéo. Pour l’aider, Nika prend le contrôle de ses finances :
- Elle décide de lui verser une somme d’argent limitée chaque semaine.
- Elle exige des reçus pour tous ses achats.
- Elle ferme son compte bancaire personnel.
- Elle menace de le quitter ou de lui couper l’accès à l’argent s’il ne respecte pas ces règles.
Cette situation peut être un exemple de contrôle coercitif, car Nika exerce un contrôle excessif sur les finances d’Omar, limite son autonomie et établit une dynamique de domination et de contrôle dans leur relation.
Exemple : Omar et Nika se disputent parce qu’Omar dépense beaucoup d’argent en jeux vidéo. Après plusieurs jours de dispute, ils s’entendent sur une limite de dépenses. Ce conflit n’est pas un exemple de contrôle coercitif.
Mythe 4 : Le contrôle coercitif s’arrête avec la séparation du couple.
Le contrôle coercitif peut continuer après la séparation du couple et prendre de nouvelles formes. C’est notamment le cas lorsque le couple a des enfants. Par exemple, le contrôle coercitif peut se poursuivre en :
-
utilisant les enfants pour créer des conflits;
-
refusant de respecter les conditions judiciaires prévues pour les enfants;
-
exerçant une pression financière;
-
multipliant les communications ou les demandes;
-
utilisant certaines démarches judiciaires de façon abusive;
-
menaçant son ex-partenaire ou en l’intimidant.
Exemple : Marco et Miguel sont séparés et ont deux enfants. Le tribunal a fixé un horaire de garde précis, mais Marco refuse régulièrement de remettre les enfants à Miguel aux heures prévues. Il critique Miguel, utilise les enfants pour créer des conflits et menace de demander la garde complète si Miguel ne fait pas ce qu’il veut. Il lui envoie aussi de nombreux messages par jour pour savoir où il se trouve et avec qui. Ces comportements peuvent s’inscrire dans une dynamique de contrôle coercitif qui se poursuit après la séparation.
Mythe 5 : Le contrôle coercitif n’est pas reconnu par le droit canadien.
Au Canada, le droit reconnaît le contrôle coercitif dans différents contextes.
Depuis mai 2026, la Cour suprême du Canada reconnaît la violence entre partenaires intimes comme un délit civil. Dans certaines situations, une personne qui subit des comportements violents ou contrôlants de la part de son partenaire peut maintenant demander une compensation financière.
Important : en juin 2026, le gouvernement du Canada a adopté une loi qui criminalise le contrôle coercitif. Cependant, cette nouvelle infraction n’est pas encore en vigueur. Cela ne signifie pas que les comportements de contrôle coercitif sont permis. Selon la situation, certains comportements peuvent déjà constituer des infractions criminelles, comme les menaces, les voies de fait ou le harcèlement criminel.
Mythe 6 : Seulement les femmes hétérosexuelles sont victimes de contrôle coercitif.
Le contrôle coercitif peut toucher tout le monde, peu importe leur genre ou leur orientation sexuelle. Les hommes et les personnes dans des relations de même sexe peuvent également subir du contrôle coercitif.
Toutefois, il est important de souligner que les femmes et les filles sont surreprésentées parmi les personnes survivantes de violence entre partenaires intimes et de violence basée sur le genre au Canada. Le contrôle coercitif s’inscrit souvent dans ces contextes de violence.
Saviez-vous que : en 2024, au Canada, le taux de violence entre partenaires intimes était 3,5 fois plus élevé chez les femmes et les filles que chez les hommes et les garçons.
Particularités provinciales et territoriales
Si vous pensez subir du contrôle coercitif ou une autre forme de violence entre partenaires intimes, vous pouvez obtenir du soutien. Des organismes communautaires peuvent vous aider à évaluer votre situation et à connaître vos options. Pour en savoir plus, référez-vous aux particularités provinciales et territoriales.


