Qu’est-ce que le racisme?
Le racisme est la croyance explicite ou implicite que certaines personnes sont supérieures ou inférieures à d’autres à cause de :
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leur race;
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leur couleur de peau;
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leur origine; ou
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leur apparence ethnique.
Le racisme s’applique souvent de manière intersectionnelle, c’est-à-dire qu’il peut combiner et se croiser avec d’autres formes d’identités (comme le genre, l’orientation ou l’identité sexuelle, la religion ou une situation de handicap). Par exemple, une femme noire musulmane peut subir de la discrimination en raison de son genre, de sa race et de ses convictions religieuses. La Cour suprême du Canada indique d’ailleurs que les identités ne doivent pas être considérées de manière isolée.
Le racisme ne s’applique pas de la même manière pour tout le monde. Les personnes appartenant à un même groupe peuvent vivre des expériences très différentes et être confrontées à des difficultés qui leur sont propres, en fonction de leurs identités et leurs réalités spécifiques.
Important : aujourd’hui, la science reconnaît qu’il n’y a pas de différentes races humaines sur le plan biologique. Tous les êtres humains appartiennent à une seule et même espèce.
Toutefois, la société a créé des idées sur la race en utilisant des caractéristiques physiques, géographiques, historiques, politiques, économiques, sociales et culturelles.
C’est pour cela que le mot « race » est encore utilisé pour décrire une réalité sociale : certaines personnes sont traitées différemment à cause de leur couleur de peau, de leur origine ou de certaines caractéristiques physiques.
C’est pourquoi les lois continuent de protéger les personnes contre la discrimination fondée sur la race, même si cette notion n’a pas de fondement scientifique.
Le racisme est-il interdit au Canada?
Au Canada, la loi n’interdit pas les idéologies racistes. En effet, la loi ne punit pas une opinion ou une croyance en elle-même.
En revanche, la loi interdit les gestes, les décisions, les comportements ou même les restrictions qui traitent une personne de façon injuste en raison de caractéristiques protégées par la loi, comme la race, la couleur de peau, l’origine nationale ou ethnique. C’est ce qu’on appelle la discrimination raciale.
Quelle est la différence entre le racisme et la discrimination raciale?
Le racisme est une croyance, une idéologie. Lorsque cette croyance se traduit par des gestes ou des comportements qui traitent une personne ou un groupe de personnes de manière injuste, on parle alors de discrimination raciale.
Exemple : Latika est arrivée à Ottawa avec un permis de travail. En attendant de trouver un logement permanent, elle séjourne dans un Airbnb. Lorsqu’elle visite un appartement à louer, le propriétaire dit à l’agent immobilier qu’il ne souhaite plus lui faire visiter le logement, car il ne veut pas « louer son appartement à des immigrants ».
Cette situation pourrait constituer de la discrimination raciale. Le propriétaire semble avoir refusé de louer son logement à Latika en raison de son origine ou de la perception qu’il a de celle-ci, plutôt que de sa capacité à être une locataire.
La discrimination raciale peut être directe ou indirecte, consciente ou inconsciente. La discrimination raciale peut résulter d’une décision, d’un comportement, d’une règle ou d’une pratique qui désavantage une personne ou un groupe de personnes.

Saviez-vous que? la discrimination directe s’applique quand une personne vit un traitement différent qui est visible et explicite.
La discrimination indirecte est plus subtile que la discrimination directe. Elle existe à travers des normes, des politiques ou des pratiques qui peuvent paraître neutres pour tout le monde à première vue, mais ont en réalité un effet négatif sur une personne ou un groupe de personnes.
Par exemple :
Lorsqu’un magasin refuse de servir une personne, car elle appartient à une minorité ethnique, il s’agit de discrimination directe.
Un restaurant interdit tous les chiens dans leur bâtiment. Vu que la règle s’applique à tous, elle paraît neutre, mais en réalité, elle peut affecter de manière négative une personne en situation de handicap qui a besoin d’un chien d’assistance. Il s’agit alors de discrimination indirecte.
Toute personne au Canada a le droit de vivre dans l’égalité, le respect et la dignité sans discrimination ni harcèlement. Il existe des lois fédérales, provinciales et territoriales qui protègent contre la discrimination raciale. Selon la situation, une personne victime de discrimination raciale peut déposer une plainte auprès de l’organisme responsable des droits de la personne de sa province, de son territoire ou du gouvernement fédéral.
Quelles sont les différentes formes de discrimination raciale?
Il existe différentes formes de discrimination raciale. On distingue généralement :
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la discrimination raciale individuelle;
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la discrimination raciale systémique ou institutionnelle;
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la discrimination raciale, sociétale ou culturelle.
Ces formes de discrimination raciale ne sont pas toujours distinctes. Une même situation peut relever de plusieurs formes de discrimination à la fois.
Attention : on voit souvent les termes “racisme individuel”, “racisme systémique” et “racisme sociétal” utilisés dans le langage courant, car les termes “racisme” et “discrimination raciale” sont reliés.
Dans cet article, nous privilégions toutefois les termes “discrimination raciale individuelle”, “discrimination raciale systémique” et “discrimination raciale sociétale” lorsqu’il est question de gestes, de décisions, de règle ou de comportements.
La discrimination raciale individuelle
La discrimination raciale individuelle se produit lorsqu’une personne traite une autre personne de façon injuste en raison de sa race, de sa couleur de peau, de son origine ou de son appartenance ethnique. Elle peut se manifester par des paroles, des gestes ou des attitudes négatives. Ces comportements peuvent être directs ou indirects et conscients ou inconscients.
La discrimination raciale individuelle peut prendre plusieurs formes, par exemple :
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traiter une personne différemment (comme refuser d’embaucher ou de servir quelqu’un);
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un regard ou un geste mal placé envers une personne;
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une parole mal placée ou une blague fondée sur des stéréotypes, une injure raciste
Exemple : Malika est une femme noire. Elle entre dans un magasin de vêtements haut de gamme pour s’acheter une robe de soirée. Elle porte des vêtements de sport. Pendant sa visite, la vendeuse la suit et la surveille constamment, car elle pense que Malika risque de voler un article. Elle lui fait aussi des remarques sur le prix d’une robe que Malika veut essayer du type « Cette robe coûte 485 dollars, au cas où vous avez un budget. »
Malika se sent observée et jugée, ce qui la rend mal à l’aise.
Le comportement de la vendeuse peut constituer une forme de discrimination raciale, car il semble être fondé sur des stéréotypes concernant les personnes noires et leur capacité à acheter certains produits.
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une microagression.
Exemple : Yun est né au Nouveau-Brunswick et ses parents sont d’origine thaïlandaise. Il va à l’école francophone de sa ville. Il entend souvent dire qu’il parle bien français pour un Thaïlandais. Même si cette remarque peut sembler positive, elle peut être perçue comme une microagression. Elle laisse entendre que, parce que Yun est d’origine thaïlandaise, il serait surprenant qu’il parle bien français. Cette remarque repose donc sur un stéréotype lié à son origine.
La discrimination raciale systémique ou institutionnelle
La discrimination raciale systémique (qu’on appelle aussi institutionnelle) se produit lorsque les politiques, les règles, les pratiques ou le fonctionnement d’une institution créent ou maintiennent des désavantages pour certaines personnes en raison de leur race, de leur couleur de peau ou de leur origine.
Contrairement à la discrimination individuelle, elle ne repose pas nécessairement sur les actions d’une seule personne. Elle peut être présente dans une organisation ou un système, même lorsqu’il n’y a pas d’intention consciente de discriminer.
On parle de discrimination raciale systémique lorsque certaines façons de faire donnent des avantages à certains groupes de personnes et créent des obstacles pour d’autres.
Ces inégalités sont visibles dans différents systèmes comme:
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le système d’éducation (par exemple: les écoles ou conseils scolaires);
Saviez-vous que? en Ontario, des études ont montré que certains élèves noirs et autochtones peuvent être davantage surveillés ou recevoir des punitions plus sévères que d’autres élèves pour des comportements semblables.
Ces différences de traitement peuvent nuire à leur expérience à l’école, à leur bien-être et à leur réussite scolaire.
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le système de justice (par exemple : les services de police, les tribunaux et les prisons);
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le système de soins de santé (par exemple : les hôpitaux);
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le système gouvernemental (par exemple: le parlement, le gouvernement fédéral ou provincial)
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le système d’emploi (par exemple : les politiques d’embauche ou les normes d’emploi)
Saviez-vous que? une forme de discrimination raciale systémique visible en milieu d’emploi est celle du profilage racial lors des processus d’embauche. Des études ont montré que certaines personnes peuvent avoir moins de chances d’être invitées à une entrevue lorsqu’un employeur associe leur nom à un groupe racisé, même lorsque leurs qualifications sont similaires à celles d’autres candidates et candidats.
La discrimination raciale sociétale ou culturelle
La discrimination raciale, sociétale ou culturelle existe lorsque certaines idées ou façons de penser présentent une culture ou un groupe de personnes comme étant supérieurs aux autres.
Ces idées peuvent influencer la manière dont certains groupes sont perçus, représentés ou traités dans la société. Elles peuvent se retrouver dans des paroles, des comportements, des traditions ou des politiques.
Saviez-vous que? la suprématie blanche est une croyance selon laquelle les personnes blanches sont supérieures aux personnes racisées.
Au cours de l’histoire, cette croyance a été utilisée pour justifier l’exclusion et le traitement injuste des personnes racisées.
Pendant la période de la colonisation, les colons européens considéraient les peuples autochtones comme étant racialement inférieurs à eux. Cette idéologie a permis d’imposer la domination des personnes blanches sur d’autres groupes de personnes et élargir le pouvoir européen à l’échelle mondiale.
Au Canada, la suprématie blanche a aussi influencé certaines pratiques, lois et politiques adoptées dans le passé. Par exemple :
– Le système des pensionnats autochtones séparait les enfants autochtones de leur famille pour leur imposer la culture et les valeurs de la société dominante, en leur faisant perdre leur langue et leurs traditions.
– Pendant la traite des esclaves au Canada qui a duré plus de 200 ans, les personnes autochtones et les personnes d’origine africaine étaient considérées comme une propriété et non des êtres humains.
– Entre 1885 et 1923, les personnes immigrantes chinoises devaient payer une taxe spéciale pour entrer au Canada. Cette mesure discriminatoire visait à limiter leur immigration et reposait sur des préjugés envers la communauté chinoise.
De nos jours, il existe une montée en popularité de certains groupes militants radicaux de suprématie blanche ou de nationalisme blanc au Canada .
La suprématie blanche a aussi influencé certains standards de beauté, comme la valorisation des cheveux associés aux personnes blanches. Que ça soit au travail ou à l’école, des personnes noires ont été jugées ou désavantagées en raison de leurs cheveux naturels ou de leurs coiffures culturelles.
Ces exemples montrent comment des idées de supériorité culturelle peuvent influencer des politiques et créer des inégalités durables dans une société.



