Regards, silence et exclusion: l’agressivité passive envers les communautés 2SLGBTQIA+
Les communautés 2SLGBTQIA+ font face à une forme de violence discrète, mais réelle : l’agressivité passive. Cette violence se voit au quotidien, par exemple, lorsqu’on ignore la présence des personnes 2SLGBTQIA+, quand on minimise ce qu’elles vivent ou quand on refuse de reconnaître leur identité de genre, leurs attirances, leurs relations amoureuses et leur place dans la société. Découvrez comment identifier cette forme de violence afin de contribuer au développement d’une société canadienne plus inclusive.
publié le 9 janvier 2026
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Qu'est-ce que l’agressivité passive ?
L’agressivité passive est une forme de violence indirecte et non verbale qui se manifeste par des comportements tels que l’ignorance, l’exclusion et le rejet d’une personne ou d’un groupe de personnes. Elle entraîne une souffrance psychologique chez la personne visée et peut relever d’une intention consciente ou inconsciente. C’est une forme de violence psychologique. Une personne commet de l’agressivité passive lorsqu’elle :
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ne reconnaît pas une personne, en refusant par exemple d’utiliser ses pronoms et ses accords d’usage ;
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ignore ou exclut une personne à cause de préjugés liés à son identité réelle ou perçue.
EXEMPLE
Jorge, transgenre, travaille dans une firme de marketing avec Maely. Lors des réunions, Maely évite son regard lorsqu’il s’exprime, ignore ses idées et oublie souvent d’inclure ses contributions dans leur projet final. Jorge se sent mis de côté et dévalorisé, sans qu’il soit possible d’identifier un comportement ouvertement agressif. L’attitude de Maely constitue une forme d’agressivité passive.
Comment reconnaître l’agressivité passive ?
Reconnaître l’agressivité passive peut être difficile. Comme elle se manifeste par des inactions, elle passe facilement inaperçue. Les communautés 2SLGBTQIA+ peuvent être ignorées ou exclues de la société de diverses façons, par exemple :
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Les toilettes publiques qui offrent seulement les choix « femme » ou « homme. »
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Les pictogrammes genrés stéréotypés sur les panneaux : le port d’une robe pour les femmes et le port d’un pantalon pour les hommes.
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Les formulaires administratifs qui proposent seulement « femme » et « homme » comme options de genre.
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Les annonces publiques qui présument le genre : « Mesdames et messieurs, » et « Chers pères et mères. »
Même si ces exemples ne sont pas des attaques directes ou intentionnelles, ils contribuent à ignorer la diversité affective, sexuelle et de genre dans la société canadienne.
Comprendre les répercussions de l’agressivité passive
L’agressivité passive contribue au stress minoritaire vécu par les personnes 2SLGBTQIA+. Ce stress peut être causé par :
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la transphobie ou l’homophobie intériorisée ;
EXEMPLE
Leo est homosexuel. Il ne veut pas être ami avec d'autres homosexuels, car il les trouve trop féminins.
- un événement dévalorisant ;
EXEMPLE
En attendant en file à l’épicerie, Zahra, une femme transgenre, entend deux personnes derrière elle dire : « Regardez-moi ça, ce n’est même pas une vraie femme ! » Elles éclatent de rire et ajoutent : « On voit de tout maintenant... » Zahra, blessée, tente d’ignorer les commentaires et quitte l’épicerie rapidement.
- les attentes de rejet ;
EXEMPLE
Lors d’une rencontre familiale, Noria, une personne 2SLGBTQIA+, évite de tenir la main de sa partenaire, car elle craint des réactions négatives ou des remarques déplacées de sa famille. Cette angoisse lui cause un stress constant.
- la dissimulation identitaire.
EXEMPLE
Aurelius, un homme bispirituel, fait semblant d’être hétérosexuel au travail. Il parle souvent de « sa copine » pour éviter les questions ou les jugements, alors qu’il a en réalité un petit ami. Aurelius adopte une dissimulation identitaire, car il cache sa véritable orientation sexuelle pour se protéger de la stigmatisation ou du rejet dans son milieu professionnel.
De telles expériences peuvent causer des blessures psychologiques profondes chez les personnes faisant partie d’une communauté 2SLGBTQIA+. En effet, les problématiques suivantes sont plus fréquentes dans cette communauté que dans le reste de la population canadienne :
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dépression,
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trouble d’anxiété,
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automutilation,
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idées suicidaires et tentatives de suicide.
IMPORTANT
Même lorsqu’elles semblent passives, certaines formes de violence institutionnelle peuvent avoir des conséquences graves sur la santé mentale et les droits des personnes 2SLGBTQIA+. Par exemple, les pratiques de conversion (couramment appelées « thérapies » de conversion) ont beaucoup affecté la santé mentale des personnes qui les ont subies.
Quels sont vos recours ?
L’agressivité passive envers les personnes 2SLGBTQIA+ dans les lieux publics peut porter atteinte à vos droits fondamentaux.
Elle peut être considérée comme un élément important si vous voulez déposer une plainte pour violation de vos droits protégés par la Charte canadienne des droits et libertés, comme le droit à l’égalité et le droit à votre sécurité.
Le droit à l’égalité
Vous avez le droit d’être traité·e de manière égale et de ne pas subir de discrimination, peu importe votre sexe, orientation sexuelle ou identité de genre.
Si quelqu’un vous traite différemment ou injustement à cause de préjugés liés à ces caractéristiques, c’est de la discrimination. Avec l’agressivité passive, cette discrimination peut être subtile et se manifeste par plusieurs petits comportements répétés dans le temps.
Le droit à la sécurité de votre personne
Ce droit protège votre sécurité physique et psychologique. Lorsqu’une situation d’agressivité passive cause des conséquences graves et profondes sur votre santé mentale, votre droit à la sécurité est enfreint, même sans diagnostic de trouble mental.
Particularités provinciales et territoriales
Si vous pensez être victime d’une violation de vos droits fondamentaux, vous pouvez vous adresser à un tribunal compétent. Le tribunal à contacter dépend de qui est responsable de la violation : le gouvernement fédéral ou un gouvernement provincial ou territorial.
Consultez la section sur les spécificités provinciales et territoriales pour déterminer le tribunal compétent dans votre région.
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne de l'Alberta (disponible en anglais seulement).
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous pouvez porter plainte devant la Cour de justice de l’Alberta (disponible en anglais seulement) ou la Cour du banc du Roi de l’Alberta (disponible en anglais seulement).
Une plainte pour discrimination doit être déposée devant le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique (disponible en anglais seulement).
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous pouvez porter plainte devant la Cour provinciale de la Colombie-Britannique ou la Cour suprême de la Colombie-Britannique (disponible en anglais seulement).
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne de l'Île-du-Prince-Édouard.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous devez porter plainte devant la Cour suprême de l’Île-du-Prince-Édouard.
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne du Manitoba.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous devez porter plainte devant la Cour du banc du Roi du Manitoba.
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous devez porter plainte devant la Cour du banc du Roi du Nouveau-Brunswick.
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous devez porter plainte devant la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse (en anglais seulement).
Une plainte pour discrimination doit être déposée au Tribunal des droits de la personne du Nunavut.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement territorial, vous devez porter plainte devant la Cour de justice du Nunavut.
Une plainte pour discrimination doit être déposée au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous devez porter plainte devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario.
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous pouvez porter plainte devant la Cour provinciale de la Saskatchewan (en anglais seulement) ou la Cour du banc du Roi de la Saskatchewan (en anglais seulement).
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne de Terre-Neuve-et-Labrador.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement provincial, vous devez porter plainte devant la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador.
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement territorial, vous pouvez porter plainte devant la Cour territoriale des Territoires du Nord-Ouest ou la Cour suprême des Territoires du Nord-Ouest.
Une plainte pour discrimination doit être déposée à la Commission des droits de la personne du Yukon.
Si vous croyez être victime d’une violation du droit à la sécurité de votre personne par le gouvernement territorial, vous pouvez porter plainte devant la Cour territoriale du Yukon ou la Cour suprême du Yukon.