Facebook
X
WhatsApp

Regards, silence et exclusion: l’agressivité passive envers les communautés 2SLGBTQIA+

5 min

Les communautés 2SLGBTQIA+ font face à une forme de violence discrète, mais réelle : l’agressivité passive. Cette violence se voit au quotidien, par exemple, lorsqu’on ignore la présence des personnes 2SLGBTQIA+, quand on minimise ce qu’elles vivent ou quand on refuse de reconnaître leur identité de genre, leurs attirances, leurs relations amoureuses et leur place dans la société. Découvrez comment identifier cette forme de violence afin de contribuer au développement d’une société canadienne plus inclusive.

Regards, silence et exclusion: l’agressivité passive envers les communautés 2SLGBTQIA+

Qu’est-ce que l’agressivité passive ?

L’ est une forme de violence indirecte et non verbale qui se manifeste par des comportements tels que l’ignorance, l’exclusion et le rejet d’une personne ou d’un groupe de personnes. Elle entraîne une souffrance psychologique chez la personne visée et peut relever d’une intention consciente ou inconsciente. C’est une forme de . Une personne commet de l’agressivité passive lorsqu’elle : 

  • ne reconnaît pas une personne, en refusant par exemple d’utiliser ses pronoms et ses accords d’usage ; 

  • ignore ou exclut une personne à cause de préjugés liés à son identité réelle ou perçue. 

  • Exemple : Jorge, , travaille dans une firme de marketing avec Maely. Lors des réunions, Maely évite son regard lorsqu’il s’exprime, ignore ses idées et oublie souvent d’inclure ses contributions dans leur projet final. Jorge se sent mis de côté et dévalorisé, sans qu’il soit possible d’identifier un comportement ouvertement agressif. L’attitude de Maely constitue une forme d’agressivité passive.

Comment reconnaître l’agressivité passive ?

Reconnaître l’agressivité passive peut être difficile. Comme elle se manifeste par des inactions, elle passe facilement inaperçue. Les communautés 2SLGBTQIA+ peuvent être ignorées ou exclues de la société de diverses façons, par exemple :

  • Les toilettes publiques qui offrent seulement les choix « femme » ou « homme. » 

  • Les pictogrammes genrés stéréotypés sur les panneaux : le port d’une robe pour les femmes et le port d’un pantalon pour les hommes. 

  • Les formulaires administratifs qui proposent seulement « femme » et « homme » comme options de . 

  • Les annonces publiques qui présument le genre : « Mesdames et messieurs, » et « Chers pères et mères. »

Même si ces exemples ne sont pas des attaques directes ou intentionnelles, ils contribuent à ignorer la , sexuelle et de genre dans la société canadienne. 

Comprendre les répercussions de l’agressivité passive 

L’agressivité passive contribue au vécu par les personnes 2SLGBTQIA+. Ce stress peut être causé par : 

  • la ou l’ intériorisée ;
     

  • Exemple : Leo est homosexuel. Il ne veut pas être ami avec d’autres homosexuels, car il les trouve trop féminins.

  • un événement dévalorisant ; 
  • Exemple : en attendant en file à l’épicerie, Zahra, une femme transgenre, entend deux personnes derrière elle dire : « Regardez-moi ça, ce n’est même pas une vraie femme ! » Elles éclatent de rire et ajoutent : « On voit de tout maintenant… » Zahra, blessée, tente d’ignorer les commentaires et quitte l’épicerie rapidement. 

  • les attentes de rejet ;
  • Exemple : lors d’une rencontre familiale, Noria, une personne 2SLGBTQIA+, évite de tenir la main de sa partenaire, car elle craint des réactions négatives ou des remarques déplacées de sa famille. Cette angoisse lui cause un stress constant.

  • la dissimulation identitaire. 
  • Exemple : Aurelius, un homme , fait semblant d’être hétérosexuel au travail. Il parle souvent de « sa copine » pour éviter les questions ou les jugements, alors qu’il a en réalité un petit ami. Aurelius adopte une dissimulation identitaire, car il cache sa véritable pour se protéger de la stigmatisation ou du rejet dans son milieu professionnel.

De telles expériences peuvent causer des blessures psychologiques profondes chez les personnes faisant partie d’une communauté 2SLGBTQIA+. En effet, les problématiques suivantes sont plus fréquentes dans cette communauté que dans le reste de la population canadienne :

  • dépression,

  • trouble d’anxiété, 

  • automutilation, 

  • idées suicidaires et tentatives de suicide. 
     

Important : même lorsqu’elles semblent passives, certaines formes de violence institutionnelle peuvent avoir des conséquences graves sur la santé mentale et les droits des personnes 2SLGBTQIA+. Par exemple, les pratiques de conversion (couramment appelées « thérapies » de conversion) ont beaucoup affecté la santé mentale des personnes qui les ont subies.

Quels sont vos recours ?

L’agressivité passive envers les personnes 2SLGBTQIA+ dans les lieux publics peut porter atteinte à vos droits fondamentaux.

Elle peut être considérée comme un élément important si vous voulez une plainte pour violation de vos droits protégés par la Charte canadienne des droits et libertés, comme le à l’égalité et le droit à votre sécurité.

Le droit à l’égalité

Vous avez le droit d’être ·e de manière égale et de ne pas subir de discrimination, peu importe votre , orientation sexuelle ou .

Si quelqu’un vous traite différemment ou injustement à cause de préjugés liés à ces caractéristiques, c’est de la . Avec l’agressivité passive, cette discrimination peut être subtile et se manifeste par plusieurs petits comportements répétés dans le temps.

Le droit à la sécurité de votre personne 

Ce droit protège votre sécurité physique et psychologique. Lorsqu’une situation d’agressivité passive cause des conséquences graves et profondes sur votre santé mentale, votre droit à la sécurité est enfreint, même sans diagnostic de trouble mental. 

Particularités provinciales et territoriales 

Si vous pensez être victime d’une violation de vos droits fondamentaux, vous pouvez vous adresser à un compétent. Le tribunal à contacter dépend de qui est responsable de la violation : le gouvernement fédéral ou un .

Consultez la section sur les spécificités provinciales et territoriales pour déterminer le tribunal compétent dans votre région. 

🍁 Particularités provinciales et territoriales

Au Canada, les lois peuvent varier d'une province à l'autre. Sélectionnez votre province pour voir les informations spécifiques.

Facebook
X
WhatsApp
Sommaire